Prototyper et tester, c’est un peu comme lorsqu’on s’improvise chef cuisinier dans sa cuisine et qu’on fait goûter notre recette faite-maison à notre famille. On est pourtant persuadé qu’on ne pourra pas mieux faire – c’est surtout notre égo qui nous fait penser ça. Mais pourtant, les retours de la famille sont mitigés : le plat est « bien mais top », il « manque de goût », de sel, de sauce. Bref, c’est normal : un prototype n’est pas parfait du premier coup. La phase de test est primordiale et permet, grâce aux feedbacks, de repérer les points noirs du prototype et de le perfectionner.

Une interface utilisateur est comme une

blague : si on doit l’expliquer c’est qu’elle

n’est pas si bonne.

Se poser les bonnes questions

Il n’y a pas mille façons de recueillir l’opinion d’un public : aller vers lui, lui parler, l’interroger, c’est comme ça que ça fonctionne. Et c’est comme ça qu’un prototype peut avancer et se parfaire, à condition bien sûr de poser les bonnes questions ! Même si vous avez mis toute votre énergie et votre âme dans votre prototype – c’est un peu votre bébé –, il va falloir s’en détacher, être neutre et faire face aux critiques. C’est après avoir sélectionné votre échantillon de testeurs que la phase de test peut commencer tranquillement : laissez vos utilisateurs s’exprimer spontanément sur le prototype dans un premier temps, avant de leur poser des questions de sorte à structurer l’entretien : Que changeriez-vous dans ce prototype ? Qu’est-ce qui vous plaît le plus ? Le moins ?

Pendant ces entretiens, il ne va pas falloir faire de sentiments : le but n’est pas de défendre son prototype à coups de « oui mais » mais de « pourquoi » et de « comment », sans pour autant attendre qu’une réponse miracle sorte de la bouche d’un testeur. Ils sont là pour tester et nous fournir des feedbacks suffisamment pertinents et nombreux pour perfectionner notre prototype. Cette phase de test doit donc être instinctive, naturelle. Et mettez-vous ça en tête : « Une interface utilisateur est comme une blague : si on doit l’expliquer c’est qu’elle n’est pas si bonne. »

Réitérer, jusqu’à la perfection

C’est au fur et à mesure des aller-retours utilisateur qu’il va être possible de faire évoluer notre prototype vers une forme plus aboutie, à l’épreuve des failles, adaptée à l’environnement de nos utilisateurs – Charles Darwin n’aurait pas dit mieux.

Pour reprendre l’exemple de l’IRM transformé en bateau pirate, le but final du prototype sera simple : éradiquer toutes peurs des jeunes patients vis-à- vis de l’IRM. Si le test n’est pas concluant et que les enfants restent toujours aussi apeurés, il va falloir mettre en commun les avis des jeunes utilisateurs et se poser les bonnes questions : quels aspects du prototype ont le plus plu ? le moins plu ? Quelles inquiétudes ont été soulevées ? Quelles améliorations ont été suggérées ?

Seule une analyse fine des insights pourra nous permettre d’évaluer la pertinence de notre prototype actuel, de le délester de ses failles, de le peaufiner, de le perfectionner. Il va donc falloir réitérer son test par la suite jusqu’à atteindre un taux de satisfaction maximale !

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